16.04.2011
Arigatou...
Je prends enfin le temps de formuler des remerciements clairement. et largement mérités, les remerciements.
La situation se calmant tout doucement, j'en profite enfin pour remercier chacune (chacun? qui sait!) d'entre vous.
Je voulais le faire sur facebook, après être passée à l'Auberge, mais tout le monde n'y est pas. Ah ben voui!!! Quand on est une bécasse, hein? ou alors c'est les radiations, ça a fait des trous dans mon pauvre cerveau déjà pas bien lourd.
Merci beaucoup pour votre soutien, vos commentaires, et vos mails. Je ne le répèterais jamais assez, mais ça m'a énormément aidé à un moment où j'en avais vraiment infinimement besoin. Aujourd'hui tout va beaucoup mieux, et je vous promets que vous n'entendrez plus parler de radiations (promisjurécrachésurlatêtedeTrentounet) sauf problème majeur, mais sur le coup, je ne faisais pas la maline. Et de savoir que vous étiez là et de lire vos messages, sereins et posés, ça m'a fait beaucoup de bien. Je voudrais aussi vous remercier de vous êtres inquiétées pour ma misérable personne, y compris celles d'entre vous qui m'ont envoyé des messages du type humour à foooond, ou du type "mais baaaarre toi", ça m'a beaucoup touchée. Beaucoup est un euphémisme. Je ne suis pas sûre de réussir à faire passer à quel point tous les messages que vous m'avez envoyée, via blogs, facebook, auberge, mails ont compté et ont fait que j'ai tenu le cap. Bigre, je vais devenir toute chamallow là, c'est pas mon style, mais ça fait déjà quinze jours/trois semaines que je me dis qu'il faut avsolument que ça sorte... Chui à deux doigts de coller un blingee avec des coeurs qui scintillent!
Une fois n'est pas coutume, je vous laisse avec une chanson qui résume bien tout ça, genre j'ai douze ans et comme pseudo msn, je fais parler Lorie pour moi héhéhé. Sauf qu'en lieu et place, j'en profite pour vous présenter un groupe que j'adore, Ikimonogakari! (et pour les non japonisantes-anglo-philes, la traduction est là...)
Plein de bisous et encore merci mille fois... et maintenant, il me reste à finir mon tour de blogo à peine débuté...

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12.04.2011
Un titre? quel titre?
Quoi de neuf du côté du Japon? pas grand chose. Nos amis nippons sont toujours aussi clairs dans leurs explications, on passe en niveau 7, sur une échelle de 0 à 7 (tant que ça vaut pas au moins 11...) et la Terre, si elle s'était calmée, reprend de plus belle depuis quelques jours, à raison d'une bonne réplique bien violente hier, et encore une aujourd'hui. Donc tout ça, c'est vrai que c'est un peu fatiguant... mais la vie a pleinement, ou presque, repris son cours et en dehors de quelques détails type fini les sushis, ça va plutôt bien. Pas l'insouciance des derniers mois, mais ça va. Bon sang ce que j'aimerais retrouver la dite insouciance. Les karaokés avec mes copines. Le shopping. Les sorties. Parce que tout, ça y en a encore pour des mois. Si je pouvais, j'irais pique niquer sous les cerisiers en fleurs. Sauf que c'est pas über raisonnable.
Et je reste toujours optimiste quant à la situation générale. Je ne rentre toujours pas dans les débats du type: on nous ment, on est tous irradiés, on va tous crever, et ma pilule d'iode, j'la prends? Tant que le seuil tokyoïte est inférieur au seuil parisien, héhéhéhéhéhémuhahahahaha. Ahem. Vous allez tous crever (les parisiens). Vous êtes tous irradiés (les parisiens). Tout le monde vous ment (les parisiens). Ah, et les bretons aussi. Héhéhémuhahahaha. Ahem. Un pti panoramique dentaire, anyone? (j'lai pas déjà faite celle là?)

Tout ça c'est un peu court jeune fille. Je ne suis pas vraiment en verve. Et pi je suis toute crevée pour cause de boulot monstre (j'ai oublié ce que c'était moi de faire 8h/18h et de BOSSER!) donc, un verre, un bon livre, et dodo...

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26.03.2011
Au Japon, j'aime...
Je me dis qu'il est temps d'arrêter de parler radioactivité 5 minutes. Je sais que tout ça n'est pas terminé, je l'ai déjà dit, mais je me dis aussi que c'est le bon moment pour parler de ce que j'aime dans ce pays. Parce qu'au cas où ça ne serait pas déjà clair, j'aime ce pays. Nulle part je me suis sentie aussi bien.
Comme je le disais dans mon billet précédent, je ne suis pas idiote au point de croire que c'est le monde des bisounours, où tout est parfait. La perfection, c'est ennuyeux, d'abord. Et puis, il y a beaucoup de choses qui ne marchent pas. Ou qui ont 50 ans de retard. C'est aussi un pays empêtré dans des guéguerres politiques inommables (les nôtres à côté, c'est du pti bois), dont la population est vieillissante, qui se bat contre une crise latente qui dure depuis trente ans, où les aides sociales sont quasi inexistantes et où les barrières sociales sont encore extrèmement lourdes. Pourtant, pourtant, j'aime ce pays. Ses habitants, sa langue, son histoire, sa musiiiiique, sa culture, tout tout tout. Y compris les pylônes éléctriques, soyons fous. C'est aussi ce qui fait que je ne suis pas partie. Et si je pouvais, je resterais à vie.

Illustration de Junichi Nakahara (je ferais un article sur son travail bientôt)
Au milieu de tout ça, j'ai essayé de lister des éléments. Je suis sûre d'en avoir oublié plein!
Au Japon, je like:
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le coût de la vie. Hein? Quoi? Attendez, je m'explique. Ok, dans mon quartier les tomates coutent la peau des fesses et Zara Japon se fait une marge mortelle sur le dos de la fashionista nipponne. Maaaaaaais, on peut aussi aller dans n'importe quel restaurant et s'en mettre plein la panse pour la modique somme de 10€ (je suis classe aujourd'hui!). Avec de la bonne bouffe, pas du fast food qui vous refile une intoxication alimentaire direction la morgue. Et je ne vous parle même pas de nos orgies de sushis pour une quinzaine d'euros. En plus de tout ça, il y a le merveilleux concept de 100yens shop, sortent de caverne d'Ali Baba où on trouve du faux cil à la vaisselle en passant par les rideaux et les produits de jardinage. Trust me, rien à voir avec les magasins à 1€ où on ne trouve que du CAM (Club des Achats Merdiques, pour les novices). Donc, en faisant attention, on peut aussi trouver du bien pour pas cher!
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La nourriture justement, puisqu'on en parle. En dehors de deux trois trucs qui me plaisent un peu moins, je me régale. Dans mes plats préférés hors sushis/sashimis, j'adore les udons (de grosses nouilles), plein de recettes de udons, les okonomiyakis, le tonkatsu, l'oyakodon... Et pi le saké oh miam miam!!! Et pi tous les bonbons et autres bêtises pour tous les goûts, parfois surprenants. Et le thé, ooooh le thé!!! j'en achète des litres! faudra que je fasse un article spécial thé! Bref, comme je le dis si souvent, il n'y a rien de mauvais au Japon. Parfois, c'est juste un peu moins bon que d'habitude.
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les normes para sismiques. Je m'étends pas sur le sujet, je crois que vous savez pourquoi!!
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la serviabilité et la politesse des gens. Ils se mettent en quatre douze quarante huit pour vous aider quand vous avez un souci, vous parlent en anglais si ils voient que vous ne comprenez pas. Ok, les gens qui me parlent directement en anglais ça me plait pas parce que je ne suis PAS améouicaine, et surtout, ben c'est pas comme ça que je vais améliorer mon niveau lamentable de japonais à l'oral. Le prochain français que je croise qui me dit que les « chinois » sont pas sympas, je lui fous mon poing dans la tronche.
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Les kanjis. Ok, ils ont vraiment une langue alakon. C'est super complexe, il y a des homonymes partout, trois systèmes d'écritures qui se mélangent et les prononciations des kanjis sont parfois dures à retenir. Mais je me régale à apprendre, j'y passe des heures. Et je suis tellement contente quand j'arrive à comprendre ce qu'il y a d'écrit sur un panneau publicitaire dans le métro! Et je suis toute fière d'avoir presque fini de lire "Anne of Green Gables" en japonais. Ok en version allégée (qui chez eux vraiment un sens!), mais chuuuut.
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Croiser mes crevettes sur tous les panneaux publicitaires justement, et à la télé. En France, j'avoue qu'en dehors de Yann Barthès, et du fait que je trouve que Guillaume Canet est plutôt agréable à regarder, ben ils ne m'intéressent pas tant que ça. Alors que de croiser Sakurai Sho ou Okada Junichi sur un panneau me met en joie illico. Quand on est blonde, on est blonde. Et je m'amuse encore à regarder les pubs. Ok c'est lourd quand on suit un programme, mais il m'arrive de passer une vingtaine de minutes à zapper juste en tombant sur des pubs et des morceaux d'émissions. Ça m'amuse...
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la propreté. C'est facile de dire ça, m'enfin soyons honnêtes, Paris, c'est quand même super crade. Là, on pourrait manger par terre dans le métro. C'est un truc auquel je ne m'habitue pas et qui continue de me surprendre. Vous verriez les aires d'autoroute, c'est hallucinant.
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Le métro à l'heure. Le métro qui marche en cas de crise nucléaire. Les annonces dans le métro qui t'expliquent tout et n'importe quoi et les jingles qui changent selon les stations. Je suis tombée sur des blogs ou des éditos qui disaient que ce genre de choses les gonflent (les jingles et les messages). Moi ça ne me dérange pas, et en plus, c'est fait en partie pour les non voyants, ce qui chez nous est limite inexistant (il y a du braille partout, des ascenceurs, plein de choses). Donc je trouve ça plutôt cool.
- La Poste qui livre même le week end. La Poste de Shibuya qui est ouverte 24h/24, 7j/7. La Poste qui continue de fonctionner en cas de crise nucléaire. La Poste qui, si vous n'êtes pas là, vous laisse un petit papier. Jusqu'ici tout est normal. Sauf que sur ce petit papier, il y a un numéro de téléphone. Et hop, vous pouvez appeler, en ANGLAIS et vous faire relivrer votre colis. Un soir, j'ai appelé à 18h30. A 19h mon colis était chez moi. Si ça c'est pas la classe ultime.
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En tant qu'adepte de la fringue, c'est complètement cliché, mais j'aime croiser des femmes en costume traditionnel, et des hommes aussi, mais côté masculin, j'en croise moins souvent, surtout cet hiver. Allez savoir... Je regrette que chez nous ce genre de traditions se soient perdues, en dehors des fêtes locales type St Eloi dans le sud. Vous me direz, me trimballerais-je en jupette motif oliviers et bonnet en coton blanc, je ne sais pas. Mais why not!
- ça marche aussi avec les tout petits en uniformes scolaires avec leurs petits chapeaux et leur short en plein hiver. Qui se promènent tous seuls, traversent la rue tous seuls, prennent le métro tous seuls alors qu'ils sont hauts comme trois pommes et que chez nous, jamais au grand jamais on ne laisserait un minot de moins de 7 ans se balader tout seul. Et encore, 7 ans, je suis optimiste. 14.
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Mon quartier. Ch'ui du quartier oueeeest. Pour tout avouer, j'habite dans un coin assez chic. Je ne dis pas ça pour frimer, c'est pas du tout mon genre. Ce que j'aime, c'est le fait que c'est caaaaaalme. Super calme. C'est sûr, là, je ne vais pas vraiment profiter du calme sur mon balcon, vu que j'ai interdiction d'ouvrir les fenêtres. Et malheureusement, pour les balades, c'est pareil, ça devra attendre que mes potes Cesium et Iode aient quitté la ville. But, ça reviendra, et dans quelques mois, je pourrais à nouveau faire le tour des petites rues et boutiques du coin...
- Yebisu Garden Place et le Shinjuku gyoen. Deux de mes endroits préférés de Tokyo. Les fans de dramas sauront pourquoi j'aime Yebisu Garden Place (il s'agit d'un des endroits clé du drama Hana Yori Dango). Ce sont des endroits calmes (oui, encore), où je peux me poser avec mon bouquin au soleil. Rien de bien folichon en terme culturel côté Yebisu Garden Place, hein? Juste des endroits de "vie" où j'aime aller.
Voilà, je suis sûre d'avoir oublié plein d'éléments qui me reviendront dans quelques jours, bon dieu mais c'est bien sûr!
Back to the studio!

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24.03.2011
On va tous crev... Ah non.
Me revoilà...
Je suis désolée de n'avoir pas réussi à vous tenir au courant de l'évolution de ma situation pendant la semaine qui vient de s'écouler, et j'espère que vous ne vous êtes pas trop inquiétées. Je suis toujours en vie. Par contre, je scintille au soleil et j'ai des pouvoirs cosmiques phénoménaux (dans un vrai mouchoir de poche). HA!
Avec tout ça, j'ai probablement perdu quelques points de vie (mais comme le dit si bien Kusa, Life is hard, and then you die. Entre un cancer et une crise cardiaque, voire très probablement alzheimer, dans 40 ans faut bien claquer un jour. La peur n'arrête pas le danger! Ok, j'arrête les maximes de l'enfer), mais j'ai carrément gagné en XP.
Que dire?
Ca a été une semaine et demie épique. Jusqu'à samedi dernier, j'ai passé une grande partie de mon temps à l'Ambassade à faire un peu de volontariat, et depuis samedi, je suis à Kyoto, car l'Homme y a été transféré.
En arrivant à Kyoto, j'étais épuisée, physiquement à cause du manque de sommeil entre autres, et psychologiquement, car ça a été une semaine très longue, vécue au gré des nouvelles, qui changeaient parfois d'heure en heure. Depuis le mercredi, la situation s'améliorant doucement, ça allait déjà un peu mieux, mais j'ai toujours du mal à réaliser le fait qu'il ne s'est déroulé qu'une semaine et demie entre le tremblement de terre et aujourd'hui. 3 mois, plutôt... ça a été une longue, très loooongue semaine, trust me.
Je n'ai jamais regretté ma décision d'être restée, même si je me laissais la possibilité de partir à Séoul chez nos amis. Je ne suis pas montée dans les avions préparés pour le retour, alors que j'aurais pu. Mais là encore, aucune raison valable pour moi de partir. Ah si, un billet gratos pour la France ou pour Seoul (et c'est ce que j'ai entendu de la part de pas mal de français, vous pouvez me croire). Accessoirement, je ne m'estimais pas prioritaire. Comme je l'ai déjà dit dans un de mes billets précédents, je suis seule, majeure, et je n'ai pas de petiots. Dans ma tête, il y a donc plein de gens qui devaient passer avant moi. Les familles, les étudiants tous seuls ici...
Mais entre le billet gratos et mon homme, autant vous dire que je ne me suis même pas posée la question. Vous m'imaginez mettre mes Repettos à l'abri en laissant ma vie et mon mien à 10000 km? Je comprends les gens qui ont décidé de partir, je ne suis pas en train de dire qu'ils auraient du rester, loin de là. Chacun son choix. J'aurais eu des enfants, j'aurais filé aussi sec direction la France. Chacun réagit face à ce genre de situation avec ses casseroles et ses angoisses personnelles.
Et ce n'était pas du courage que de rester, tout le monde sait que je suis rien qu'une grosse lopette. Il a fallu une carotte repetto-esque pour que je monte dans le Goudurix. C'est simplement que, je le répète, jamais je ne serais partie sans Mr Goode, sauf sur ordre direct d'évacuation. You jump, I jump, nomého. Vous pensez sincèrement que Rose aurait laissé Jack sur son raffiot en train de sombrer en lui disant: Ecoute mon gars, c'était bien sympa, ravie de t'avoir connu, j'ai des courses à faire chez Saks, à la r'voyure...
Au delà de ça, il est certain que si je n'avais pas eu une totale confiance en ce pays et ses autorités, j'aurais probablement réfléchi à deux fois et j'aurais fini par monter dans un avion ou partir dans le Kansai. Sauf que j'ai toujours gardé l'espoir, et je le garde encore aujourd'hui, qu'ils y arriveraient. Qu'ils ne laisseraient pas la centrale exploser et cramer à ciel ouvert pendant des jours tendance Tchernobyl. Je ne suis pas idiote au point de penser qu'ils nous disent tout et que le Japon c'est trop le pays parfait où tout est rose. Mais je ne suis pas une adepte de la grande théorie du complot, type « le gouvernement vous meeent » sauf pour Kennedy, mais ça, c'est parce que j'ai vu JFK bien trop de fois. Mon seul reproche au final, c'est qu'en terme de com', le gouvernement est beaucoup trop léger sur le plan santé publique et mesures de prévention. Ça commence à peine à sortir. Et les magouilles de TEPCO avant le tremblement de terre, mais ça, les grandes entreprises, hein?
M'enfin, vu que c'était un 11 mars, je suis persuadée que tout ça c'est un grand complot maçonico-sioniste ou Al Quaida (c'est soit l'un, soit l'autre non?) qui donne des ptites pilules à l'Homme à la cigarette qui a fait trembler la terre en utilisant la technologie extra terrestre trouvée sur la zone 51, tout pareil que les avions qui ne se sont pas crashés dans les tours jumelles et le pentagone, c'est un mythe. La vérité est ailleurs. Cqfd.
Je sais que ça va durer encore longtemps, donc pour l'instant, je sais parfaitement que tout n'est pas gagné. Et on va vivre un sacré bout de temps en suivant des consignes de vie strictes, par pure précaution. Mais j'en veux toujours énormément aux médias français d'avoir créé la panique. On va tous creveeeeeeeeeeeeeeeer!! Ahem.
Il est déjà très difficile de gérer une situation comme celle ci avec du soutien exterieur, mais lorsque vos parents vous appellent en larmes toutes les dix minutes pour que vous rentriez, c'est terminé patates merci Air France. Mes parents sur ce coup là ont été formidables et ont soutenu ma décision jusqu'au bout. Et j'ai eu la chance d'être soutenue par d'autres « femmes de » qui comme moi avaient choisi de rester. Moi qui, lorsque je suis arrivée, me méfiait un peu (beaucoup) du milieu expat, j'y ai découvert des gens adorables et solidaires, et je ne les remercierais jamais assez pour tout ce qu'ils ont fait pour moi. Le moral parfois se cassait la gueule vitesse grand v, et d'avoir du soutien sur place, en dehors de Mr Goode, vu que c'était plutôt mon rôle de le soutenir, c'était non seulement utile mais impératif. Sans parler de tous ceux qui ont débarqué à l'Ambassade pour aider au processus.
Alors, oui, à Tokyo, le nuage, on l'a pris. Mardi 15 pour être exacte. Mais rien d'aussi grave que ça (données de l'IRSN, les seuls que je crois et que vous devez écouter. oui oui, je suis en mode fan. Donc je vous rassure tout de suite, pas la peine de paniquer pour le "nuage" qui passe sur la France). On verra dans 30 ans si j'avais raison, et eux avec. Mais si vraiment je ne voulais pas mourir de quoi que ce soit (voire pas mourir du tout, on sait jamais , avec les radiations, hein?), je devrais arrêter les chocapic, l'asparthame, le téléphone portable, le PC sur les genoux, me faire vacciner contre la grippe du poulet, manger bio et tout nettoyer à l'eau minérale (sauf que les bouteilles plastiques, c'est mal). Et checker les étiquettes de mon shampoing pour être sûre que dedans, y a rien de toxiiique. De toute façon, ma thyroïde est déjà foutue, thanks to Tchernobyl probablement, et mon foie, je préfère même pas y penser. La seule chose qui m'inquiétait vraiment, pour tout avouer, c'était ma semaine et demie de retard. Bordel, je crois que j'ai un monstre à trois bras qui pousse inside ma petite personne. On aura qu'à l'appeler Fukushima. This is a tribute. Finalement, ce n'était que le stress, mais déjà, du retard en temps normal, c'est un chouia angoissant, mais en pleine crise nucléaire, euuuuuh... En tout cas, moi, j'ai toujours pas de troisième bras, je me dis que c'est plutôt bon signe. Et pour bébé, on verra plus tard.
Lorsque le moral retombait, ce qui arrivait régulièrement (il 'est même arrivée de me retrouver à pleurer comme une bécasse devant mon fichier excel à l'ambass, et 3 minutes plus tard tout allait mieux. Bipolaire? moi?), il me suffisait de sortir et d'aller me faire une dose de Japon pour me remettre d'aplomb. Même si on sentait bien que Tokyo était plus calme que d'habitude (je dis Tokyo, mais j'ai surtout vu mon quartier et celui de l'Ambassade, pas vraiment le reste, vous vous en doutez), les restaurants étaient à 90% ouverts, et les combinis relativement plein de nourriture (en dehors des rayons riz, nouilles, tofu et pain), et si les boutiques fermaient vers 18h au lieu de 20h/21h, c'était à mon humble avis, plutôt en raison des coupures de courant prévues et de l'allègement des transports en commun qu'autre chose. Comme je l'ai dit, la com est assez foireuse en termes de santé publique donc ceci explique cela, mais ça faisait du bien de voir que la vie reprenait... Je verrais en rentrant quel est l'état de mon quartier.
Maintenant que nous avons rajouté encore 300 bornes entre nous et la centrale, quid de l'avenir? Toujours suivre les infos, et se tenir au courant. Je sais que mon appartement m'attend sagement, et que mes jolies robes sont en sécurité dans des housses en plastique, dans ma valise, au fond de mon placard (elles ont pour la plupart survécu 60 ans, j'allais pas les laisser se faire irradier!!!). Je sais aussi que mon amie japonaise va bien et songe plus à ses soucis de chômage qu'à une hypothétique fusion nucléaire dans le réacteur n°3.
Nous rentrons normalement demain soir sur Tokyo, sauf explosion de l'enfer, la vie va cette fois ci vraiment reprendre, toujours en sachant que ça peut empirer du jour au lendemain, mais avec l'espoir qu'on est sur la bonne pente. Et en évitant de boire l'eau du robinet.
See you soon et encore merci de votre soutien!!

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